Même pas peur
J'appelle Frédéric à la radio, qui par soucis de sécurité est en veille à la VHF, quand je retourne pêcher. Je préviens Frédéric, qu'il y a une orque énorme au large. A peine ai-je coupé ma radio, que je suis entouré de toute une famille d'orques, de toutes les tailles. J'en compte une dizaine, en fait elles étaient plus que ça. L'orque, orca, killer whale, le seul mammifère marin qui à part l'homme n'a aucun prédateur. Une bestiole qui peut mesurer 9 mètres et peser 8 tonnes, un cétacé qui peut s'attaquer à l'ours blanc ou au rorqual s' il a faim, grand amateur de phoques et d'otaries, de morse ou d'éléphant de mer... Là, mes orques à moi, se régalent de saumons. Je les entends souffler, je les respire, je me fiche de savoir si l'orque est dangereuse pour l'homme, elles se moquent de ma présence et j'en profite. Mes trois potes sur la plage doivent être vert de jalousie, tant pis, la magie n' est là que pour moi. Soudain une orque plus petite que les autres, 4 ou 5 mêtres, passe sous mon kayak, à le froler, gare à la secousse! Mais non rien, elle resort un peu plus loin en m'éclaboussant de son souffle. Quel spectacle. J'avais déjà vu des orques, au Labrador, il y a longtemps. Mais là, toute une tribu, rien que pour moi et à toucher ma pagaie.

La tribu s'éloigne, là bas vers le Nord Est en continuant son festin de saumons, je la suis un peu. Mais ça tire sur ma ligne, ce soir c'est saumon au feu de bois. Un gros saumon du Pacifique. Ce soir, je suis le roi du Pacifique.